Qui peut demander un prêt action logement pour sa maison ?

#

Le prêt Action Logement, anciennement connu sous l’appellation de « 1% logement » ou « prêt employeur », représente aujourd’hui une opportunité majeure pour financer votre projet d’acquisition immobilière à des conditions avantageuses. Avec un taux d’intérêt fixe de 1% hors assurance et un montant pouvant atteindre 30 000 euros, ce dispositif constitue un levier financier non négligeable pour concrétiser votre accession à la propriété. Pourtant, nombreux sont les salariés qui méconnaissent les critères d’éligibilité de ce prêt complémentaire. Comprendre précisément qui peut en bénéficier et dans quelles conditions s’avère essentiel pour optimiser le financement de votre résidence principale et réduire significativement le coût total de votre emprunt immobilier.

Les conditions d’éligibilité salariale pour accéder au prêt action logement

L’accès au prêt Action Logement repose sur des critères d’éligibilité précis relatifs à votre statut professionnel. Ces conditions déterminent si vous pouvez prétendre à ce financement avantageux, complémentaire à votre crédit immobilier principal. La connaissance de ces prérequis vous permettra d’évaluer rapidement vos droits et d’anticiper la construction de votre plan de financement global.

Les entreprises du secteur privé non agricole de plus de 10 salariés

Le premier critère fondamental concerne la nature de votre employeur. Vous devez impérativement être salarié d’une entreprise du secteur privé non agricole comptant au moins 10 employés. Cette condition exclut donc les travailleurs indépendants, les fonctionnaires et les salariés d’entreprises de moins de 10 personnes. Les entreprises concernées versent une contribution obligatoire à Action Logement, calculée sur leur masse salariale, qui alimente ensuite les fonds permettant d’octroyer ces prêts à taux réduit. Cette participation patronale, fixée actuellement à 0,45% de la masse salariale, constitue le socle financier du dispositif. Il est important de vérifier auprès de votre service des ressources humaines que votre entreprise participe effectivement au dispositif Action Logement, car certaines structures peuvent bénéficier d’exemptions spécifiques.

Le statut de salarié en CDI, CDD ou intérimaire qualifiant

Votre type de contrat de travail joue également un rôle déterminant dans votre éligibilité. Les salariés en CDI constituent naturellement la catégorie la plus favorisée, mais les titulaires de CDD peuvent également prétendre au prêt Action Logement sous certaines conditions. Les intérimaires peuvent aussi être éligibles si leur mission présente une durée suffisante et une stabilité démontrable. Contrairement à d’autres dispositifs d’aide au logement, aucune condition d’ancienneté minimale n’est exigée dans votre entreprise actuelle. Cette particularité rend le prêt Action Logement particulièrement attractif pour les jeunes actifs ou les personnes en reconversion professionnelle. Les apprentis et les salariés en contrat de professionnalisation sont également éligibles, ce qui élargit considérablement le spectre des bénéficiaires potentiels.

Les plafonds de ressources annuelles imposés par action logement

Au-delà du statut professionnel, vos revenus doivent respecter des plafonds de ressources définis par zone géographique. Ces seuils varient selon la composition de votre foyer et la local

isation du ménage. Concrètement, plus vous habitez dans une zone tendue (zones A et A bis) et plus les plafonds sont élevés. À l’inverse, dans les zones B2 et C, où les prix de l’immobilier sont plus modérés, les plafonds de ressources sont plus bas. Pour vérifier votre éligibilité, vous devez vous référer à votre revenu fiscal de référence N-2 indiqué sur votre dernier avis d’imposition et au zonage de la commune où se situe le logement. Si vos revenus dépassent légèrement les plafonds, vous pouvez tout de même déposer un dossier, mais sachez que les ménages modestes restent prioritaires en cas de forte demande et d’enveloppe budgétaire limitée.

Les plafonds de ressources pour le prêt Action Logement sont alignés sur ceux du logement intermédiaire (PLI). Par exemple, pour une personne seule en 2025, le plafond tourne autour de 43 000 € en zone A bis et A, contre un peu plus de 31 000 € en zones B2 et C. Pour un couple avec deux enfants, ces plafonds peuvent dépasser 90 000 € dans les zones les plus chères. Il est donc essentiel de croiser trois informations : le nombre de personnes dans votre foyer, la zone géographique du bien et votre revenu fiscal de référence. Une bonne pratique consiste à réaliser une simulation ou à contacter directement Action Logement avant même de signer un compromis de vente, afin d’éviter une mauvaise surprise au moment du montage de votre financement.

Les cas particuliers des préretraités et retraités d’entreprise

Les préretraités et certains retraités d’entreprise peuvent eux aussi, sous conditions, demander un prêt Action Logement pour leur maison. Cette possibilité concerne principalement les anciens salariés partis à la retraite depuis moins de 5 à 6 ans, selon les règles applicables au moment de la demande, et dont l’employeur cotisait à Action Logement avant leur départ. L’objectif est de ne pas exclure brutalement les ménages qui changent de situation professionnelle alors même qu’ils préparent souvent un projet immobilier de long terme, comme l’achat d’une maison pour leur retraite.

Pour ces profils spécifiques, l’organisme va toutefois être particulièrement attentif à la capacité de remboursement, compte tenu d’un niveau de revenus généralement stabilisé, voire en baisse par rapport à la période d’activité. Le dossier devra démontrer que les mensualités du prêt Action Logement, cumulées avec celles du prêt bancaire principal, restent compatibles avec un taux d’endettement raisonnable. Par ailleurs, les retraités restent soumis aux mêmes plafonds de ressources et aux mêmes exigences concernant la résidence principale : le bien financé doit être occupé à titre de résidence principale dans un délai maximal d’un an après l’acquisition ou la fin des travaux.

Si vous êtes préretraité ou jeune retraité, rapprochez-vous de votre ancien service RH ou directement d’Action Logement pour vérifier si vous entrez encore dans le périmètre des bénéficiaires. Chaque situation est étudiée au cas par cas, surtout lorsque le projet vise à adapter un logement au vieillissement (aménagement de salle de bains, suppression de marches, etc.). Dans certains cas, un prêt travaux Action Logement complémentaire pourra être plus adapté qu’un prêt accession classique, notamment lorsque la maison est déjà payée et qu’il s’agit seulement d’améliorer le confort et la sécurité.

Les types de projets immobiliers financés par le dispositif action logement

Le prêt Action Logement ne se limite pas à l’achat d’un appartement neuf en ville. Au contraire, il couvre une palette assez large de projets immobiliers, tant que le bien concerné devient votre résidence principale et que les critères techniques sont remplis. Comprendre précisément quels types d’opérations sont finançables vous permettra de bâtir un plan de financement cohérent et de ne pas passer à côté d’un levier important pour alléger vos mensualités. Vous envisagez d’acheter dans le neuf, de rénover une maison ancienne ou encore de racheter la part de votre ex-conjoint ? Vous êtes probablement dans le champ du dispositif.

L’acquisition d’une résidence principale en VEFA ou dans l’ancien

Le cas le plus fréquent de recours au prêt Action Logement reste l’acquisition d’une résidence principale dans le neuf, notamment via une VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement). Dans ce scénario, vous achetez un logement sur plan, souvent au sein d’une résidence respectant la réglementation environnementale RE 2020. L’organisme vérifie alors que le promoteur et le projet répondent aux normes de performance énergétique exigées, condition incontournable pour le déblocage des fonds. Le prêt Action Logement vient en complément de votre crédit immobilier principal et peut couvrir une partie du prix d’achat, dans la limite du plafond de 30 000 €.

Dans l’ancien, le prêt accession Action Logement vise en priorité les logements vendus par un bailleur social dans le cadre d’une vente HLM. Dans ce cas, une exigence forte s’applique : le diagnostic de performance énergétique (DPE) du logement doit être compris entre A et E. En d’autres termes, les « passoires thermiques » classées F ou G ne sont pas finançables par ce dispositif, sauf si un autre prêt travaux spécifique permet de les remettre à niveau. Il est donc crucial de consulter le DPE dès la première visite et de l’intégrer dans votre réflexion globale de financement. Le prêt peut également accompagner l’accession sociale dans le neuf, que ce soit via un prêt social location-accession (PSLA) ou dans le cadre d’un bail réel solidaire (BRS).

Les travaux d’amélioration énergétique et de rénovation

Au-delà de l’achat pur et simple, Action Logement propose des prêts spécifiques pour financer des travaux d’amélioration et de rénovation de votre résidence principale. Ces prêts travaux, qui peuvent se cumuler avec le prêt accession sous certaines conditions, visent particulièrement la performance énergétique (isolation, changement de chaudière, fenêtres, ventilation, etc.), mais aussi la mise aux normes ou l’adaptation du logement au handicap. Dans ce cadre, le taux d’intérêt reste attractif, souvent inférieur aux offres bancaires classiques, ce qui permet de lisser le coût de travaux parfois conséquents sur plusieurs années.

Imaginez que votre maison soit comme une vieille voiture : en la rénovant et en améliorant son moteur, vous réduisez sa consommation et prolongerez sa durée de vie. C’est exactement la logique des prêts travaux Action Logement, qui encouragent la rénovation énergétique pour diminuer vos factures de chauffage et augmenter le confort au quotidien. Attention toutefois, ces prêts sont généralement accessibles une fois l’acquisition réalisée, et non pour financer l’achat lui-même. Ils nécessitent la présentation de devis détaillés et de factures émanant d’entreprises certifiées, notamment lorsque les travaux ouvrent droit à d’autres aides (MaPrimeRénov’, CEE, etc.).

L’agrandissement et l’extension de surface habitable

Vous possédez déjà votre maison mais votre famille s’agrandit ou vous avez besoin d’un bureau pour télétravailler ? Certaines opérations d’agrandissement et d’extension de surface habitable peuvent être financées via un prêt complémentaire Action Logement, souvent sous forme de prêt travaux ou de prêt conventionné. Il peut s’agir, par exemple, d’une surélévation, de la création d’une véranda, de l’aménagement de combles ou de la transformation d’un garage en pièce de vie. Dans tous les cas, ces travaux doivent aboutir à une amélioration objective du confort et de la surface habitable de la résidence principale.

Ce type de projet illustre bien le rôle de « levier » du prêt Action Logement : en finançant une partie de l’extension à un taux réduit, vous limitez l’impact de l’endettement supplémentaire sur votre budget mensuel. Vous devrez toutefois respecter plusieurs conditions : le logement doit être achevé depuis un certain nombre d’années (souvent 10 ans pour certains prêts travaux), le coût global des travaux doit dépasser un seuil minimal, et l’opération doit être achevée avant la fin du remboursement du prêt. Un échange préalable avec un conseiller en financement ou un courtier vous permettra de choisir la meilleure combinaison entre prêt Action Logement, prêt bancaire classique et éventuelles aides locales.

Le rachat de soulte suite à divorce ou séparation

Le rachat de soulte après un divorce ou une séparation est un cas de plus en plus fréquent dans les dossiers de financement. Lorsque l’un des ex-conjoints souhaite conserver la maison familiale, il doit racheter la part de l’autre, ce qui suppose souvent un nouvel emprunt immobilier. Dans certains cas, le prêt Action Logement peut venir en soutien de cette opération, dès lors que le bien racheté devient la résidence principale de l’acquéreur et que les critères de ressources et de statut professionnel sont respectés. Il s’agit alors d’une forme d’accession à la propriété « interne » au couple, mais qui reste assimilée à une acquisition.

Ce type de montage financier est cependant plus technique. Les organismes analysent avec attention la nouvelle situation familiale, les pensions éventuelles, ainsi que la stabilité des revenus de la personne qui conserve le bien. Le prêt Action Logement peut contribuer à limiter le recours à un crédit bancaire plus coûteux, mais il ne couvrira qu’une fraction du montant de la soulte. Comme pour une première acquisition, il ne pourra pas être sollicité après la signature définitive de l’acte de partage : vous devez donc anticiper cette demande dans le calendrier de votre procédure de divorce ou de séparation. Là encore, l’accompagnement d’un courtier immobilier ou d’un conseiller Action Logement peut faire la différence.

Les zones géographiques éligibles selon le zonage ABC d’action logement

Le dispositif Action Logement s’inscrit dans un zonage national, dit « zonage ABC », qui découpe le territoire français en plusieurs catégories selon la tension du marché immobilier. Ce zonage, commun à de nombreux dispositifs (PTZ, dispositifs fiscaux, etc.), distingue principalement les zones A bis, A, B1, B2 et C, auxquelles s’ajoutent les DROM. Paris et la petite couronne se situent par exemple en zone A bis, tandis que la plupart des communes rurales sont classées en zone C. Pourquoi ce découpage est-il important pour votre prêt Action Logement ? Parce qu’il conditionne à la fois les plafonds de ressources, certains plafonds de financement et parfois même la priorité accordée à certains dossiers.

Concrètement, si vous achetez votre maison dans une grande métropole ou une zone très tendue, les plafonds de revenus à ne pas dépasser seront plus élevés, ce qui permet à davantage de ménages d’être éligibles malgré des salaires plus importants. À l’inverse, pour un projet en zone B2 ou C, les plafonds sont plus bas, ce qui cible davantage les foyers modestes. Le zonage n’exclut pas une commune du dispositif Action Logement, mais il influence la stratégie de l’organisme pour répartir son enveloppe annuelle de prêts. En période de forte demande, les zones les plus tendues peuvent ainsi être privilégiées, notamment pour favoriser la mobilité professionnelle.

Pour connaître la zone de votre future maison, vous pouvez consulter les cartes officielles publiées par l’administration (arrêté du 1er août 2014 modifié) ou utiliser un simulateur en ligne. Il vous suffit généralement de renseigner le code postal et la commune pour obtenir la zone correspondante. Cette information sera également utile pour calculer vos droits à d’autres aides comme le prêt à taux zéro ou certaines subventions locales. Gardez en tête que le zonage est un outil de pilotage des politiques publiques : il ne change rien aux conditions techniques de votre projet, mais il influe sur les paramètres financiers qui vous seront appliqués.

Le montant du prêt accession et les modalités de remboursement

Le prêt Action Logement se caractérise par un montant plafonné et des modalités de remboursement souples, destinées à compléter un prêt immobilier principal sans alourdir excessivement votre budget mensuel. Le montant accordé dépend de la nature de l’opération, de votre situation familiale, de vos revenus et parfois de la zone géographique. Dans la plupart des cas, le plafond est fixé à 30 000 €, même si certains dispositifs spécifiques (agri-accession, aides ciblées en cas de mobilité professionnelle, etc.) peuvent aller jusqu’à 40 000 €. Le grand intérêt de ce prêt réside dans son taux d’intérêt fixe très bas, bien inférieur aux taux bancaires moyens observés ces dernières années.

Le calcul du prêt à taux réduit de 0,5% sur 20 ans maximum

Selon les périodes réglementaires, le taux nominal annuel du prêt accession Action Logement a oscillé entre 0,5 % et 1 % hors assurance, ce qui reste particulièrement attractif au regard des taux de marché. Pour les besoins de votre simulation personnelle, vous pouvez partir sur l’hypothèse d’un taux fixe de 1 % au maximum sur une durée allant jusqu’à 25 ans. Certaines sources évoquent encore des anciens barèmes à 0,5 % sur 20 ans : il s’agit souvent de versions antérieures du dispositif ou de prêts complémentaires spécifiques. L’idée centrale reste la même : vous bénéficiez d’un crédit à très faible coût, qui vient réduire le taux moyen de votre financement global.

Imaginons par exemple un prêt Action Logement de 30 000 € sur 20 ans à 1 % et un prêt bancaire principal de 220 000 € sur 25 ans à 3 %. En combinant les deux, le coût total des intérêts diminue sensiblement par rapport à un financement 100 % bancaire. On peut comparer cela à un « booster » de carburant à prix réduit qui abaisse la consommation globale de votre véhicule. Le calcul précis dépendra de la répartition des montants, des durées et du profil d’amortissement, mais l’effet sur le TAEG global est rarement négligeable. N’hésitez pas à demander à votre banque ou à votre courtier d’intégrer le prêt Action Logement dans les simulations pour mesurer son impact réel.

Les plafonds de financement selon la composition du foyer

Si le plafond théorique du prêt accession Action Logement est de 30 000 €, tous les ménages n’obtiennent pas automatiquement ce montant. L’organisme apprécie votre situation globale : composition du foyer, revenus, reste à vivre, coût total de l’opération, apport personnel, etc. Un couple avec deux enfants achetant une maison neuve dans une zone tendue pourra, par exemple, bénéficier d’un montant plus élevé qu’une personne seule achetant un petit logement dans une zone moins chère. Dans certains dispositifs locaux ou sectoriels, le montant peut être modulé en fonction du nombre de personnes à charge ou de la situation de mobilité professionnelle.

Cette modulation répond à un objectif d’équité sociale : aider davantage les ménages pour qui le poids du logement dans le budget est le plus important. En pratique, l’étude de votre dossier permettra de déterminer le montant exact qui vous sera accordé, dans la limite du plafond réglementaire et de l’enveloppe disponible. Il est donc utile de préparer un plan de financement prévisionnel crédible, en montrant par exemple que vous disposez d’un apport personnel raisonnable et que votre taux d’endettement reste inférieur à 35 %. Plus votre dossier sera solide, plus l’organisme sera enclin à vous accorder le montant maximal souhaité.

La compatibilité avec le PTZ et les prêts bancaires classiques

Le prêt Action Logement est conçu pour être un prêt complémentaire et non un financement principal. À ce titre, il est parfaitement compatible avec un prêt bancaire classique, mais aussi avec plusieurs prêts aidés comme le prêt à taux zéro (PTZ), le prêt d’accession sociale (PAS), le prêt conventionné (PC) ou encore un prêt épargne logement. L’enjeu pour vous est de construire une « architecture » de financement optimale, un peu comme on assemblerait les pièces d’un puzzle pour obtenir le meilleur coût global sur la durée. Le prêt Action Logement vient souvent s’ajouter à un montage PTZ + prêt bancaire, en réduisant le montant soumis au taux bancaire le plus élevé.

Attention toutefois à deux points de vigilance. D’abord, certains prêts comme le PAS ou le PC ne peuvent pas être complétés par un prêt immobilier classique au-delà d’un certain seuil, même s’ils restent compatibles avec le prêt Action Logement. Ensuite, chaque établissement bancaire appliquera ses propres règles de calcul du taux d’endettement et de reste à vivre. Il est donc recommandé de faire valider votre montage en amont par votre banque ou votre courtier, afin d’éviter qu’un cumul de prêts aidés ne complique la lecture du dossier. Bien maîtrisé, le cumul PTZ + Action Logement + prêt bancaire classique reste pourtant l’une des combinaisons les plus efficaces pour un primo-accédant.

La procédure de demande auprès des organismes collecteurs agréés

La demande de prêt Action Logement ne se fait plus uniquement via l’employeur, comme c’était le cas pour l’ancien « 1 % patronal ». Désormais, la procédure est largement dématérialisée et centralisée via Action Logement Services, ce qui simplifie les démarches pour la plupart des salariés. Toutefois, cette simplicité apparente ne doit pas faire oublier l’importance d’un dossier complet et correctement renseigné. Comme pour tout crédit immobilier, un manque de pièces ou une imprécision dans les informations peut allonger les délais, voire entraîner un refus.

Le dépôt du dossier via la plateforme en ligne d’action logement services

La première étape consiste à vous connecter à la plateforme en ligne dédiée à l’accession, accessible depuis le site d’Action Logement. Vous commencez par tester votre éligibilité en répondant à quelques questions sur votre situation professionnelle, vos revenus et la nature de votre projet immobilier. Si les premiers critères sont remplis, vous pouvez créer un compte personnel et initier une demande de prêt. Cette demande se fait intégralement en ligne : vous renseignez les informations relatives à votre identité, à votre foyer, à votre employeur et à l’opération immobilière envisagée (achat, construction, travaux…).

Vous devrez ensuite téléverser l’ensemble des pièces justificatives demandées, au format PDF ou image, en veillant à ce qu’elles soient lisibles et à jour. La plateforme vous permet de suivre en temps réel l’avancement de votre dossier dans la rubrique « Suivre mon dossier ». Vous y verrez si des documents complémentaires sont requis ou si votre demande est en cours d’instruction. Pensez à anticiper : Action Logement recommande que le dossier complet et conforme leur parvienne au moins 30 jours ouvrés avant la signature chez le notaire, afin de respecter les délais légaux de réflexion et de protection du consommateur.

Les justificatifs obligatoires : bulletins de salaire et avis d’imposition

Comme pour tout crédit immobilier, la constitution du dossier repose sur un socle de justificatifs obligatoires. Parmi eux, vos trois derniers bulletins de salaire et vos deux derniers avis d’imposition sont incontournables : ils permettent de vérifier votre stabilité professionnelle, votre niveau de revenus et donc votre éligibilité au regard des plafonds de ressources. Vous devrez également fournir une attestation de votre employeur ou, à défaut, un document mentionnant le numéro SIRET de l’entreprise et votre statut (CDI, CDD, intérim, apprentissage…).

D’autres pièces complèteront ce noyau dur : pièce d’identité, livret de famille, justificatif de domicile, relevés de compte des trois derniers mois, simulation bancaire intégrant l’ensemble des prêts envisagés (y compris le prêt Action Logement), compromis de vente ou contrat de réservation en VEFA, devis de travaux si nécessaire, etc. Plus votre dossier est complet dès le départ, plus l’étude sera rapide et fluide. On peut comparer cette étape à la préparation d’un dossier de candidature : un dossier bien présenté, clair et exhaustif donne immédiatement une image sérieuse et facilite la décision de l’instructeur.

Les délais d’instruction et de déblocage des fonds

Les délais d’instruction d’un prêt Action Logement varient en fonction de la période de l’année, du volume de demandes et de la complexité de votre dossier. En moyenne, il faut compter autour de 40 jours ouvrés pour l’examen complet, à partir du moment où le dossier est considéré comme conforme. Une fois la décision prise, vous recevez un accord de principe, puis une offre de prêt que vous devrez signer après respect d’un délai de réflexion légal. Ce calendrier doit impérativement être coordonné avec celui de votre prêt bancaire principal et la date prévue pour la signature de l’acte authentique chez le notaire.

Le déblocage des fonds intervient généralement au moment de la signature de l’acte d’achat ou au fur et à mesure de l’avancement des travaux, en fonction de la nature de l’opération. Pour une VEFA, par exemple, les fonds peuvent être débloqués par tranches en suivant l’échéancier prévu au contrat. Il est donc crucial d’échanger en amont avec votre notaire, votre banque et Action Logement pour synchroniser les versements. Un bon pilotage du calendrier évite les situations de tension de trésorerie, par exemple lorsque le notaire ne peut pas procéder à la signature faute de disponibilité des fonds.

Les cas d’exclusion et restrictions d’accès au prêt employeur

Comme tout dispositif d’aide, le prêt Action Logement s’accompagne de limites et de cas d’exclusion qu’il est important de connaître avant d’engager des frais. Certaines situations rendent purement et simplement impossible l’obtention du prêt, tandis que d’autres conduisent à une priorité moindre ou à des restrictions sur le montant accordé. Anticiper ces règles, c’est éviter de bâtir un plan de financement sur une ressource qui pourrait finalement vous être refusée.

La première grande catégorie d’exclusion concerne le profil professionnel : les travailleurs indépendants, les professions libérales, les artisans, les commerçants, les fonctionnaires et les salariés d’entreprises de moins de 10 personnes ne peuvent pas bénéficier du prêt accession Action Logement classique. Ils doivent se tourner vers d’autres dispositifs (prêt conventionné, PAS, prêts fonctionnaires, etc.). De même, les salariés du secteur agricole relèvent d’un dispositif distinct, le prêt agri-accession, avec ses propres règles et plafonds. Enfin, si votre employeur ne cotise pas à Action Logement ou si l’enveloppe annuelle de l’entreprise ou de l’organisme collecteur est épuisée, votre demande pourra être refusée malgré le respect des critères généraux.

Une autre source fréquente d’exclusion concerne le non-respect des critères liés au logement lui-même : bien situé hors du territoire français, résidence secondaire, logement ne répondant pas aux normes de performance énergétique (passoire thermique F ou G non rénovée, par exemple), projet de location touristique type meublé de tourisme, etc. Le prêt Action Logement est strictement réservé à la résidence principale, occupée au moins 8 mois par an par l’emprunteur ou son foyer. En cas de non-respect de cette obligation dans les premières années, l’organisme peut exiger le remboursement anticipé du prêt dans certains cas, notamment en l’absence de motif légitime de mise en location (mobilité professionnelle, divorce, invalidité, chômage de longue durée).

Enfin, certains motifs plus individuels peuvent entraîner un refus : inscription au FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers) non régularisée, endettement déjà trop élevé, reste à vivre jugé insuffisant, incohérences dans les justificatifs fournis, ou encore demande déposée après la signature définitive de l’acte d’achat. Rappelons en effet que le prêt Action Logement doit être intégré au montage financier avant la conclusion de l’opération. En cas de doute, le réflexe à adopter est simple : vérifier votre éligibilité en amont, interroger votre service RH et, si besoin, vous faire accompagner par un courtier ou un conseiller spécialisé pour sécuriser votre projet d’accession à la propriété.

Plan du site